HOCKEY
Demidov prolonge, le CH se projette
Montréal verrouille son jeune noyau à long terme et se donne une marge de manœuvre prometteuse sous le plafond salarial.
Celle-ci entrera en vigueur dans un an, en juillet 2027, et rapportera à l’attaquant russe une somme moyenne de 9,125 millions de dollars par saison. Elle fera de lui, à moins d’une acquisition d’ici là, l’attaquant le mieux payé du club, et le deuxième joueur, toutes positions confondues, après Noah Dobson.
Alors que le plafond salarial dans la LNH est projeté à 113,5 millions en vue de la saison 2027-2028, le directeur général Kent Hughes réalise l’exploit d’avoir sécurisé à long terme la présence de ses meilleurs éléments en Demidov, Dobson, Lane Hutson, Juraj Slafkovský, Cole Caufield et Nick Suzuki, et ce, à un salaire annuel inférieur à 10 millions. Suzuki, par ailleurs, avait signé son entente actuelle avec l’ancien directeur général Marc Bergevin.
Tout ce beau monde est sous contrat minimalement jusqu’en 2030.
Nick Suzuki : 7,875 millions jusqu’en 2029-2030
Cole Caufield : 7,85 millions jusqu’en 2030-2031
Juraj Slafkovský : 7,6 millions jusqu’en 2032-2033
Ivan Demidov : 9,125 millions jusqu’en 2034-2035
Noah Dobson : 9,5 millions jusqu’en 2032-2033
Lane Hutson : 8,85 millions jusqu’en 2033-2034
La fenêtre est donc grande ouverte pour faire du Tricolore un club compétitif, qui aura par ailleurs la flexibilité nécessaire pour ajouter d’autres joueurs d’impact.
Demidov et Hughes étaient deux hommes souriants, mercredi après-midi, lorsqu’ils se sont présentés devant les journalistes pour discuter de la nouvelle.
J’ai juste hâte de jouer plus de matchs dans ce chandail ! Je suis content d’être ici.
Ivan Demidov
PHOTO CHRISTINNE MUSCHI, LA PRESSE CANADIENNE
Ivan Demidov
Boucler cette négociation rapidement a été « facile » pour lui, car, a-t-il dit, il s’est toujours vu comme un membre à long terme de l’organisation. Maintenant qu’il en a fini avec la paperasse, il souhaite seulement s’entraîner afin d’être prêt pour le camp d’entraînement en septembre.
Les discussions, disions-nous, se sont déroulées rondement entre la direction du CH et l’agent de Demidov, Dan Milstein, qui a lui-même annoncé la nouvelle au monde entier, peu après midi, heure à partir de laquelle il est permis d’annoncer des prolongations contractuelles entrant en vigueur en juillet 2027. À 11 h 25, le même Milstein avait prévenu sur X qu’une « grosse nouvelle » se préparait à Montréal.
Il n’avait pas menti.
Environnement
Si les choses n’ont pas été compliquées, c’est visiblement parce que les deux parties partageaient le même objectif. Et si elles partageaient le même objectif, c’est parce que Demidov en avait assez vu, depuis son arrivée à Montréal il y a moins d’un an et demi, pour savoir qu’il voulait y rester encore longtemps.
Cette conviction, comprend-on, tire sa source de l’environnement dans lequel a baigné le Russe de 20 ans.
Notre noyau est bon, tout le monde a un âge semblable et veut gagner la Coupe Stanley… Tout le monde est affamé !
Ivan Demidov
« C’est ce qui me motive le plus à venir à l’aréna chaque jour pour faire mon travail et gagner des matchs », a lancé le nouveau multimillionnaire.
Kent Hughes, lui, a rendu hommage à son employé, dont la force de caractère l’a surpris dès leur première rencontre, en juin 2024, à la veille du repêchage à Las Vegas.
On a su qu’il était unique. On pouvait voir qu’il voulait faire partie de quelque chose.
Kent Hughes, directeur général du Canadien de Montréal
PHOTO GRAHAM HUGHES, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE
Kent Hughes, directeur général du Canadien de Montréal
Surtout, « c’est un joueur d’équipe » a repris le gestionnaire. « Il faut faire partie de quelque chose au lieu d’être ce quelque chose. »
Invité par un reporter à décrire ses arguments de vente pour convaincre les gros canons du club de s’engager à long terme avec le Tricolore, et probablement à un prix inférieur à ce que dicte le marché, Hughes a attribué le mérite à ses joueurs et à tout le personnel de l’organisation pour la « culture » qu’ils ont contribué à installer et à faire perdurer.
« Quand un employé est mécontent au travail, ça coûte plus cher de le convaincre de rester », a-t-il imagé. Demidov, par ailleurs, a laissé entendre que l’argent n’avait pas été un facteur déterminant pour lui dans les discussions.
En outre, tant dans son ancienne vie d’agent que dans sa carrière de directeur général, Hughes a remarqué que dès l’instant où un joueur goûte au succès, « il le cherchera pour toujours ».
« Et plus un groupe le réalise tôt, plus il est engagé », a-t-il conclu.
Après avoir accédé au troisième tour des séries éliminatoires, on peut croire que l’appétit des jeunes joueurs du Canadien ne fera que croître.
Comme le dirait sagement l’entraîneur-chef Martin St-Louis, cela ne garantit pas le succès. Mais les conditions gagnantes qui s’accumulent augmentent certainement les chances d’y parvenir.