Uber à YUL : attente et confusion
Le nouveau débarcadère près de l’hôtel Marriott impose une marche de 10 minutes et provoque régulièrement files, frustration et désordre à Montréal-Trudeau.
Depuis le 22 juin, les voyageurs doivent marcher 10 minutes à partir de la zone des arrivées pour se rendre au nouvel emplacement, situé près de l’hôtel Marriott, nommé débarcadère Leigh-Capreol.
La marche se fait bien « lorsqu’on est en forme », explique un homme rencontré sur place vers 11 h mardi, mais elle peut être désagréable pour les aînés et les familles, ou lorsqu’il neigera l’hiver prochain, estime-t-il.
Ce voyageur a attendu une dizaine de minutes avant l’arrivée de son véhicule Uber : loin des deux heures d’attente qu’ont signalées des internautes sur les réseaux sociaux.
« Ça viendra », nous dit un employé qui a demandé l’anonymat, car il n’est pas autorisé à parler aux médias. « Vers midi, les gens commencent à arriver, et à partir de 13 h, ça devient dur à contrôler. »
Il avait partiellement raison. La journée de mardi a été anormalement calme au débarcadère Leigh-Capreol.
PHOTO ÉDOUARD DESROCHES, COLLABORATION SPÉCIALE
Au moindre afflux de passagers, tout s’anime. Un employé crie des indications et un autre siffle pour faire avancer les véhicules.
« Ce n’est pas normal. À cette heure-ci, habituellement, la file est très longue », confirme l’un de ses collègues, peu avant 14 h.
Si le temps d’attente que nous avons observé n’a pas dépassé 15 minutes, aux alentours de 12 h 30, les quatre employés à qui nous avons posé la question confirment que des voyageurs attendent régulièrement de une à deux heures.
Une heure difficile
Mais même en ce mardi étonnamment calme, un gros afflux de passagers entre 12 h et 13 h a causé beaucoup de confusion.
Un employé faisait aller son sifflet au milieu de la voie pour diriger les voitures, un autre criait des indications aux voyageurs qui arrivaient et plusieurs d’entre eux, même s’ils n’ont attendu que 15 minutes au maximum, maugréaient en voyant la file ou rouspétaient d’avoir eu à marcher jusqu’au débarcadère dans ce qui avait l’air d’être un ballet mal coordonné.
« Vers midi, les gens commencent à arriver, et à partir de 13 h, ça devient dur à contrôler. »
Un touriste français s’est vu snobé par plusieurs véhicules, car il avait mal compris les indications des signaleurs, eux-mêmes débordés. Frustré par la situation, il n’a pas voulu nous parler.
Toute cette cohue était presque noyée dans les bruits du chantier de construction situé dans le même rond-point que le débarcadère.
PHOTO ÉDOUARD DESROCHES, COLLABORATION SPÉCIALE
Les voyageurs et les chauffeurs doivent manœuvrer entre les travailleurs de la construction et leurs camions.
Un véhicule Uber a presque percuté un camion d’une entreprise de construction sous nos yeux et un camion arroseur a, pendant quelques minutes, bloqué complètement l’accès au débarcadère pour les piétons en arrosant un carré de gazon fraîchement posé.
« Oh my god ! » n’a pu que s’esclaffer Theresa, une touriste qui arrivait de Dublin, quand elle a finalement pu traverser ce qui était deux secondes auparavant un mur d’eau.
Theresa s’est montrée particulièrement irritée de la marche pour se rendre au débarcadère, disant qu’elle n’avait jamais rien vu de tel dans un grand aéroport.
L’accès se fait par l’extérieur et les voyageurs doivent circuler sur une voie pavée majoritairement couverte, avant d’arriver dans deux couloirs en contreplaqué.
PHOTO ÉDOUARD DESROCHES, COLLABORATION SPÉCIALE
La marche vers le nouveau site d’embarquement se termine par ces couloirs.
« Plusieurs personnes étaient fâchées en me parlant dans les derniers jours parce qu’elles n’aimaient pas la marche. Elles trouvent ça long », souligne une employée.
Interpellé par La Presse, l’organisme Aéroports de Montréal (ADM), qui gère l’aéroport Montréal-Trudeau, note que ce changement « était nécessaire afin de fluidifier les déplacements sur le débarcadère principal à YUL ».
« Actuellement, toujours en période de pointe, il y a environ 400 transports par UBER au départ de YUL par heure. Cette situation générait énormément de mouvements sur le débarcadère professionnel, il était donc nécessaire de diviser les usagers par mode de transport. […] Les temps d’attente actuels n’ont pas augmenté à la suite de ce déplacement, et varient en fonction du moment de la journée. La situation actuelle est plutôt liée à un manque d’offre de véhicules », indique un relationniste par courriel.
ADM convient d’ailleurs que les deux prochaines saisons estivales, donc « tant que la station du REM et les nouveaux débarcadères ne seront pas entrés en fonction », la circulation sera difficile à l’aéroport. Des écrans affichant le temps d’attente pour un Uber ou un taxi sont installés à plusieurs endroits à l’aéroport.